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Un doublé pour Toyota qui remporte les 24h du Mans

21.06.2019

TOYOTA GAZOO Racing a remporté la 87e édition des 24 Heures du Mans avec un doublé sur le circuit de la Sarthe, finale palpitante de la Super-Saison 2018-2019 du Championnat du Monde FIA d’Endurance (WEC).

Au volant de la TS050 Hybrid #8, Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Fernando Alonso ont défendu leur trophée, s’assurant par la même occasion le titre des pilotes. Ils devancent de 16,9 sec. leurs coéquipiers Mike Conway, Kamui Kobayashi et José María López sur la voiture #7.

Mais ce simple compte-rendu des faits ne reflète en rien l’intensité du spectacle qui s’est joué en fin de course, où la #7 a vu une victoire quasiment acquise lui échapper devant 252 500 spectateurs.

Au 367e tour et alors qu’elle menait avec plus de deux minutes d’avance, ses données de bord ont signalé une crevaison. José est donc rentré au stand, mais un problème de capteur a induit une erreur d’identification du pneu en cause : il est donc reparti avec un pneu toujours en train de perdre sa pression. José a dû effectuer un tour complet à vitesse réduite pour revenir au stand où les quatre pneus ont alors été changés, laissant ainsi s’échapper Kazuki sur la #8, sans espoir de le rattraper.

L’équipage #7 avait pourtant dominé une grande partie de la course, en battant même le record historique du tour en course avec 3 min 17,297 sec. D’autres records sont venus s’ajouter ce week-end : Kazuki est devenu le premier champion du monde japonais sur circuit et Fernando le second pilote à remporter un titre mondial FIA sur quatre roues dans deux disciplines différentes, puisqu’il a déjà été sacré en Formule 1.

Kamui ayant signé le tour le plus rapide aux qualifications, la voiture #7 s’est élancée en pole position, immédiatement suivie de la #8. Cette grille allait planter le décor d’un chassé-croisé intense et serré entre les deux TS050 Hybrid de 1 000 ch.

Au bout de douze heures, 8,6 secondes seulement séparaient les deux Toyota. Dans la nuit, la #7 prenait un avantage décisif à la faveur d'un déséquilibre aérodynamique de la voiture sœur. La carrosserie avait en effet souffert de l’âpreté de ce duel sans répit, bien que les deux voitures soient toujours dans le même tour.

À l’approche des dernières heures de course, l’écart se stabilisait à deux minutes environ, la priorité étant désormais d’emmener les deux voitures jusqu’au drapeau à damiers. Tout semblait se dérouler comme prévu jusqu’au coup de théâtre de la #7, qui a vu Kazuki prendre la tête à moins d'une heure de la fin.

Shigeki Tomoyama, président de GAZOO Racing : « Je tiens à remercier sincèrement tous les fans, les entreprises partenaires et tous les membres de l’équipe, unis par le cœur dans la lutte pour la victoire. Pour gagner Le Mans, il ne suffit pas d'une voiture rapide : il faut aussi une voiture solide et une équipe solide. Après la victoire de l’an dernier, nous avons constamment cherché à améliorer les choses et je crois que cela se voit dans la victoire d’aujourd’hui. J’ai été très impressionné par la cérémonie du podium, avec tous les drapeaux TOYOTA GAZOO Racing et deux drapeaux japonais qui s’agitaient. Nous avons écrit une nouvelle page de l’histoire du Mans et je m’en réjouis. Mais ce n’est pas un bonheur sans partage en raison des problèmes rencontrés par la voiture #7 dans la dernière heure, alors qu’elle a tenu la tête la majeure partie de la course. La crevaison lente s’est doublée d’un problème de capteur, d'où une grosse perte de temps. À l’évidence, il reste une marge d’amélioration possible dans le fonctionnement de la voiture et de l’équipe. Pour les 24 Heures du Mans 2020 et pour la catégorie hypercar à partir de l’automne 2020, TOYOTA GAZOO Racing s’efforcera d'aller toujours plus loin, dans un esprit toujours meilleur. Le soutien sans faille de nos fans nous aide beaucoup à avancer. »

Hisatake Murata, président de l’équipe : « Nos sentiments sont mitigés : c’est notre seconde victoire au Mans, mais nous sommes tous désolés pour Mike, Kamui, José et l’équipe technique de la voiture #7, qui aurait mérité de gagner. Dans les prochains jours, nous allons chercher à comprendre l’origine exacte du problème afin d’éviter qu’il ne se reproduise. Cependant, je suis fier des performances globales et de l’esprit d’équipe dont nous avons fait preuve tout au long de la course, jusque dans les moments difficiles de la dernière heure. Félicitations à Sébastien, Kazuki et Fernando pour leur nouveau titre de Champions du Monde ainsi que pour leur second trophée des 24 Heures. Pour TOYOTA GAZOO Racing, ça a été le point d’orgue spectaculaire d’une incroyable saison et nous avons hâte de remettre nos titres en jeu la saison prochaine. »

 

TS050 Hybrid #7
Course : 2e, 385 tours, 37 arrêts au stand. Grille de départ : 1ère. Tour le plus rapide : 3 min 17,297 sec.

Mike Conway (TS050 Hybrid #7) : « L’atterrissage est rude car durant de longues heures, tout semblait aller bien pour nous. Quel manque de chance, cette crevaison. Mais c’est Le Mans... Chacun dans l’équipe a fait un super boulot, en particulier l'équipe technique de la voiture. C’est grâce à eux que la voiture a tenu la tête toute la journée. Félicitations à la voiture #8, non seulement pour le résultat d’aujourd’hui mais aussi pour le Championnat du Monde. Ils ont été de redoutables adversaires, mais quel plaisir de les affronter ! Nous allons tout faire pour revenir plus forts. »

Kamui Kobayashi (TS050 Hybride #7) : « Il est extrêmement difficile et frustrant de chercher à gagner les 24 Heures du Mans, nous venons de le constater une fois de plus. Cela fait quatre fois que je tente ma chance... Ce sera peut-être pour l’an prochain. Le fait est qu'il ne faut jamais abandonner et continuer à tout donner. Cette année, j’ai vraiment tout fait pour gagner et les choses semblaient bien parties jusqu'à la 23e heure. Le résultat est donc difficile à avaler... Félicitations à la voiture #8 et à tous les concurrents qui ont réussi à finir la course. Il n’est jamais facile d’arriver au bout d'une épreuve de 24 Heures, donc bravo à tous. »

José María López (TS050 Hybrid #7) : « Tout d’abord, je tiens à féliciter nos collègues de la voiture #8 qui nous ont incités à aller au bout de nous-mêmes pour la quête de la victoire au Mans et celle du titre mondial. L’histoire l’a déjà prouvé : c’est une course difficile et cruelle – nous en avons malheureusement fait l’expérience aujourd’hui. Malgré cela, je suis fier des performances de mes coéquipiers Mike et Kamui qui ont fait une course fantastique. Nous allons revenir plus forts, c’est promis. »

 

TS050 Hybrid #8
Course : 1ère, 385 tours, 34 arrêts au stand. Grille de départ : 2e Tour le plus rapide : 3 min 18,397 sec.

Sébastien Buemi (TS050 Hybrid #8) : « La course s’annonçait difficile car nous savions qu’il était possible de perdre le Championnat du Monde. Au début, nous voulions rester dans le rythme de la voiture #7 mais, au bout de cinq tours seulement, j’ai compris que ce serait quasiment impossible. Nous avons amélioré les chronos au fil des heures, mais il faut bien admettre qu’elle était plus rapide. Je me serais bien contenté d’une seconde place... Ce qui leur est arrivé est vraiment dur. Je suis désolé pour eux car ils ont fait un boulot fabuleux. »

Kazuki Nakajima (TS050 Hybrid #8) : « Cette année, c’est la chance qui a décidé de la victoire et non la performance. Ça a été une course difficile et le coup du sort de la #7 est à peine croyable. Pour avoir vécu un peu la même chose en 2016, nous savons ce que l’on ressent à ce moment-là et nous compatissons. Grâce à cette victoire, nous sommes aussi champions du monde et nous en sommes très fiers, après une saison longue et difficile où nous avons été souvent au coude-à-coude avec la voiture sœur. »

Fernando Alonso (TS050 Hybrid #8) : « C’est génial de gagner Le Mans pour la seconde fois, mais c’est une victoire réellement inattendue. Sur la piste, nous n’avions pas le rythme pour gagner face à la #7. Aujourd’hui, le facteur chance a été prépondérant et cela fait partie du sport automobile... Je suis navré pour mes collègues qui sont en fait plus que des collègues : ce sont des amis. Ils auraient mérité la victoire, mais la course nous a choisis. Pour nous, l’objectif premier était de remporter le Championnat du Monde et nous sommes très fiers d’avoir accompli cette mission. »

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